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Comment faire face aux jeux de pouvoir ?

il y a 7 heures
4 min de lecture

Evoluer dans notre environnement professionnel et personnel nous amène à exercer de l’influence sur les autres, et à être nous-mêmes influencés. Cette influence peut être positive, ou négative. Son intensité dépend du pouvoir de chacun.

 

Chacun a vécu des moments où il s’est senti mal à l’aise, pas à la hauteur, mal considéré, sans toujours identifier les sources de cet inconfort. Il y a des moments où le pouvoir est exercé de façon saine et d’autres de façon malsaine. Comment identifier et décoder ces situations ? Et comment rétablir l’équilibre ?

 

Cet article liste les différentes situations, communes, dans lesquelles le pouvoir s’exerce de façon négative, et décrit ce qu’on appelle les "jeux de pouvoir". Le contenu de cet article est issu du livre Pouvoir et autorité, de l’organisation à la nation (recueil d'articles parus dans la revue Actualités en Analyse Transactionnelle).

 


Qu’est-ce que le pouvoir ?

 

Le pouvoir défini par Claude Steiner est la "capacité de contrôler les personnes, les événements et soi-même". La pouvoir est souhaitable car il donne une capacité d’agir. Il confère de la puissance et de l’autonomie, afin de contrôler les énergies et de les diriger vers un objectif.

 

Les sources du pouvoir sont de deux types : personnelles ou organisationnelles.

 

  • Le pouvoir organisationnel découle de la fonction de la personne dans le système et de son statut. Ce pouvoir organisationnel se caractérise par exemple par le pouvoir de sanctionner, de gratifier, et par la capacité à prendre une décision sur un sujet. Ce pouvoir est légitime puisqu’il accompagne une fonction dans un organigramme, ou qu’il découle de la loi.


  • Le pouvoir personnel, lui, dépend de chacun. C’est un pouvoir informel, qui est issu de l’expérience, des qualités et des compétences. Il dépend de la capacité à stimuler l’engagement des autres, à apporter aux personnes et aux projets savoir-faire et connaissances, et à la façon d’entrer en relation avec authenticité, confiance et respect.

 

La façon d’exercer le pouvoir peut ainsi prendre différentes formes, puisqu’elle dépend d’un mix de composantes personnelles et organisationnelles.

 

La combinaison des modalités de ces types de pouvoir donnera des styles de leadership différents (le leadership étant défini comme la façon d’exercer le pouvoir) : leadership coercitif, leadership axé sur le contrôle, leadership directif ou leadership participatif (cf l'article du livre Pouvoir et leadership dans les organisations).


Le pouvoir est positif lorsqu’il est réciproque, basé sur un dialogue ouvert et sur la considération personnelle. Mais il devient négatif lorsque la personne tente de contrôler le comportement de l’autre personne en fonction de ses propres intentions. On parle alors de "jeu de pouvoir" : le pouvoir exercé permet à celui qui l’exerce de s’imposer, d’avoir raison, de sauver la face. Il utilise une forme de manipulation.



Quels sont les types de jeux de pouvoir ?

 

Jutta Kreyenberg dans Pouvoir et autorité, de l’organisation à la nation classifie les jeux de pouvoir, en donnant des exemples qui seront sans doute parlants pour la plupart d’entre nous.

 

  • Le "rétrécissement du cadre de référence"


Ce type de jeu de pouvoir consiste à supprimer des options et des marges d’action. Il raréfie les ressources (argent, temps) afin d’amener à considérer la solution proposée comme étant la seule possible. Il prend la forme de propositions du type "ou bien… ou bien… ", comme par exemple : "Soit vous acceptez cette proposition, soit vous faites une croix sur …".

 

  • Le "pouvoir des puissants", qui se pratique sous deux formes : la contrainte et la manipulation.


Le jeu de pouvoir qui utilise la contrainte est très visible car il utilise la force. Il prend les formes suivantes : refuser le dialogue, interrompre, hausser le ton, dévaloriser... Il s’agit d’imposer son point de vue frontalement en ayant recours même parfois à la violence.


Les jeux de pouvoir basés sur la manipulation sont plus difficiles à dévoiler. Il peut s’agit de "mensonges par omission" : par exemple, une proposition est faite en oubliant d’en présenter les contraintes ou les aspects négatifs. Ou au contraire il peut s’agir d’une "carotte", mais qui comporterait un flou sur la récompense : par exemple "si tu fais des efforts, tu recevras une prime", sans préciser en quoi les efforts consistent. Laisser attendre quelqu’un, ne pas écouter, téléphoner en réunion… sont encore d’autres formes de manipulation qui utilisent la position hiérarchique pour ne pas exercer son pouvoir de façon directe.


  • Les jeux de persécution


Dans ce type de jeu, on assiste malgré soi à une attaque contre une personne, et l’on se trouve piégé. L’exemple cité est celui d’une collaboratrice qui raconte "qu’elle a été invitée, en même temps que d’autres collègues, à une réunion organisée par la déléguée du personnel pour discuter de la façon de traiter une autre collègue, en l’absence de celle-ci". Le piège consiste à avoir participé à cette réunion.

 

  • Les jeux de ceux qui n’ont pas le pouvoir


Pour contrer les puissants, ceux qui n’ont pas le pouvoir peuvent jouer à des jeux de passivité et d’inaction. Par exemple "ne rien voir, ne rien entendre, en rien dire" afin d’éviter d’assumer ses responsabilités. Ou alors exercer une pression en tant que "Géant boudeur", c’est-à-dire en boudant de façon démonstrative.

 

D’autres exemples peuvent être retrouvés dans l’article de Jutta Kreyenberg.


 

Quelles stratégies face aux jeux de pouvoir ? 


Au niveau individuel, la première étape pour échapper aux jeux de pouvoir consiste déjà à les identifier. Les situations listées ci-dessus peuvent paraître anodines ou quotidiennes ; cependant prendre conscience qu’elles relèvent d’un jeu de pouvoir permet de commencer à poser un regard critique sur la tentative d’influence malsaine.

 

Il pourra s’agir ensuite de "dévier le coup" : méta-communiquer sur la situation en demandant, clarifiant, en mettant au jour le jeu de pouvoir. Essayer de comprendre les besoins cachés de la personne qui exerce ce jeu de pouvoir peut être aussi une piste intéressante.

 

Enfin, essayer de trouver des solutions créatives. Steiner, qui est cité dans l’article, dit "Chaque fois que tu te trouves confronté à un choix de type noir ou blanc, refuse de choisir". Il invite à trouver une 3e alternative qui peut surgir en sortant de la dualité du problème, en le regardant sous un autre angle, en faisant intervenir d'autres éléments / personnes dans le système.

 

Au niveau structurel, il peut être intéressant aussi de se questionner sur les rôles et les missions. Ont-ils été clairement définis ? Si non, cela relève-t-il d’une intention ?

 

Alors, prêts à identifier les jeux de pouvoir autour de vous et à reprendre un contrôle sain de votre influence ?

 
 
 

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